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Un agriculteur gagne contre Monsanto  Envoyer
Écrit par Brigitte Bègue   

En avril 2009, Viva consacrait un article à Paul François, un agriculteur charentais qui s’attaquait à la multinationale Monsanto. Il vient de gagner son procès en appel.

En 2004, en nettoyant la cuve de son pulvérisateur, Paul François a inhalé le gaz dégagé par l’herbicide qu’il venait d’utiliser.

S’ensuivent pertes de connaissance et épisodes d’amnésie qui le conduisent régulièrement à l’hôpital.

Des prises de sang révèlent un taux anormalement élevé de substances toxiques, toutes contenues dans le désherbant. L’une d’entre elles, pourtant, le chlorobenzène, un solvant connu pour sa dangerosité, ne figure pas sur l’étiquette de composition de l’herbicide.

Les pesticides, un sujet tabou

Interrogé par l’agriculteur, Monsanto, qui fabrique et commercialise le produit, ne veut rien savoir. La Mutualité sociale agricole (Msa) non plus. Paul François décide alors de porter son affaire en justice.
«Dans notre milieu, les problèmes de santé liés aux produits de traitement sont tabous. Personne ne veut en parler, de peur de jeter le discrédit sur les agriculteurs, alors que dans la plupart des cas ce sont eux les premières victimes», déclarait-il à Viva.
Le tribunal des affaires de la Sécurité sociale (Tass) d’Angoulême vient finalement de lui donner raison en reconnaissant le caractère professionnel de sa maladie. Pour le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (Mdrgf), qui se bat depuis des années pour la réduction de l’utilisation des pesticides, «  ce procès est la marque d’un début de reconnaissance des droits des victimes de pesticides, aujourd’hui de plus en plus nombreuses».

Les victimes se mobilisent

En 2009, avec l’association européenne Heal (Health and Environment Alliance), le Mdrgf a mis en place un réseau de victimes des pesticides qui rassemble des agriculteurs, des riverains habitant près des zones agricoles, des jardiniers, etc.
Leur objectif: interpeller les pouvoirs publics pour imposer des zones sans pesticides à proximité des résidences des villageois, attribuer la reconnaissance de maladie professionnelle aux agriculteurs qui s’estiment contaminés.
L’Institut national de veille sanitaire (Invs) estime que l’exposition aux pesticides double le risque de déclarer la maladie de Parkinson. Elle pourrait aussi favoriser certains cancers, des maladies auto-immunes et des leucémies chez les enfants.

Source: http://www.viva.presse.fr

Mise à jour le Mercredi, 03 Mars 2010 13:13
 

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