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Le bio est plus cher. Pourquoi?  Envoyer
Écrit par Frédérique Le Gall   
La première raison est liée au mode de production. L'agriculteur bio a pour principe de respecter l'environnement. Il n'utilise pas de pesticides ni d'engrais chimiques. Du coup, ses rendements sont moindres et le coût du travail est plus élevé. La demande étant largement supérieure à l'offre, le bio ne connaît pas la surproduction.
Source: http://www.letelegramme.com

«Nos produits se vendent entre 0 et 30% plus cher que les produits conventionnels», indique Yves Jan, producteur de lait en Ille-et-Vilaine et vice-président d'Interbio Bretagne, l'interprofession régionale. En cas de crise, le différentiel peut se creuser. Ainsi, en 2008, le litre de lait bio était payé au producteur 10 à 30% plus cher que le lait conventionnel et jusqu'à 50% plus cher en 2009, année où le prix du lait conventionnel s'est effondré. Autre cause de surcoût: la certification des produits bio. Les producteurs bio paient les organismes certificateurs qui les contrôlent et qui leur délivrent l'autorisation de porter le logo AB ou la mention officielle «produit issu de l'agriculture biologique». Les fabricants des filières bio mettent également en avant la qualité de leurs recettes intégrant moins d'additifs et plus d'ingrédients nobles, ce qui renchérit le prix. Les adeptes du bio évoquent, enfin, les «coûts indirects» du conventionnel. Ce que le consommateur ne paie pas immédiatement quand il achète un produit conventionnel, il le paie sur sa facture d'eau ou en tant que contribuable pour financer la dépollution.


Les agriculteurs bio ont-ils moins d'aides que les autres?

La différence de prix pouvait s'expliquer par le moindre soutien des pouvoirs publics à l'agriculture biologique. «C'est moins vrai aujourd'hui. Le Grenelle de l'environnement a fait évoluer les choses. Par aillleurs, avec l'instauration des nouvelles primes européennes (les droits à paiement unique basés sur des références historiques), il peut arriver qu'un agriculteur reconverti en bio touche les mêmes aides qu'un conventionnel», souligne-t-on à Interbio.


Des prix trop élevés?

Tout dépend des produits et des circuits de distribution. L'association de consommateurs UFC-Que choisir a mis récemment les pieds dans le plat en dénonçant des marges exagérées de la grande distribution sur les aliments bio, surtout quand ils sont vendus sous marques distributeurs (MDD). Elle souligne, par exemple, que le panier de 14 produits bio qu'elle a sélectionnés pour son enquête coûte 57% plus cher que le panier équivalent de produits MDD non bio. Oasis de croissance dans un marché alimentaire morose, le bio s'adressait, surtout à ses débuts, à des familles au pouvoir d'achat au-dessus de la moyenne. Il reste aujourd'hui une aubaine pour les grandes surfaces. «Le marché des produits bio ne doit pas être réservé aux ménages les plus aisés. Il faut les rendre accessibles au plus grand nombre», note l'UFC. Les professionnels refusent pour autant de montrer du doigt les grandes surfaces. Selon Elsa Chanel, de la Fédération régionale des agriculteurs bio, «elles contribuent à développer le bio. C'est tout le paradoxe...» Plus généralement, les professionnels du bio conseillent aux consommateurs de «panacher» les circuits de distribution (magasins spécialisés, vente directe, marchés...).

http://www.letelegramme.com

Mise à jour le Dimanche, 07 Février 2010 10:24
 


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